Les « dys » ou troubles spécifiques : quelques définitions pour mieux comprendre

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par Lise Bibaud, directrice générale de l’Association québécoise des troubles d’apprentissage (AQETA)

Le trouble spécifique est : un trouble d’apprentissage, un trouble neurologique (facteur d’hérédité), permanent, qui dure toute la vie.

Le trouble spécifique n’est pas : un handicap, une difficulté passagère, un manque de potentiel, ni un manque d’effort.

Le trouble spécifique peut : placer une personne en situation de handicap, impliquer d’autres troubles associés, placer l’élève à risque d’échec scolaire, nécessiter des moyens d’adaptation.

La dyslexie est : un trouble spécifique de l’apprentissage de la lecture qui affecte la capacité à identifier les mots à l’écrit. Par exemple :

  • Difficulté du décodage des lettres en sons = eau;
  • Difficulté de la reconnaissance de parties de mots connues = tion et des mots plus irréguliers = monsieur;
  • Difficulté à lire avec fluidité, à voix haute et à accéder au sens du texte;
  • Autres difficultés associées possibles : déficit d’attention, mémorisation, notions d’espace et de temps et, etc.

Autres troubles concomitants possibles : dysgraphie, dyscalculie, etc.

Indicateurs à observer : retard en lecture, difficulté dans les autres matières scolaires qui requièrent la lecture (anglais, géographie, histoire…). Les difficultés persistent malgré les interventions d’aide, difficulté à mémoriser les séquences (jours de la semaine, mois, etc.), difficulté d’organisation (matériel scolaire, plan de travail, etc.)

Manifestations : confusions, inversions, omissions de lettres et de mots, découpage des mots en syllabes, vocabulaire pauvre, difficulté de compréhension, etc.

Interventions : plan d’intervention précisant les moyens d’adaptation nécessaires aux apprentissages et aux évaluations, programme de rééducation de la lecture le plus tôt possible et de façon régulière par un spécialiste dûment formé pour la dyslexie (orthopédagogue, orthophoniste).

La dysorthographie est : un trouble qui affecte l’écriture des mots. Par exemple :

  • Difficulté à trouver les lettres pour écrire les sons, les mots;
  • Difficulté à mémoriser de façon permanente les règles d’orthographe et de grammaire;
  • Difficulté à structurer une phrase complète ou un texte avec une suite logique
  • Autres difficultés associées et troubles concomitants possibles.

Indices à observer : fautes d’orthographe, même mot écrit de façons différentes, difficulté à recopier les mots, etc.

Manifestations : omission de lettres, sons, syllabes, changer l’ordre des lettres, incapacité à mémoriser les différentes graphies des sons et les mots, même ceux utilisés fréquemment, lenteur d’exécution et pauvreté des productions et, etc.

La dyscalculie est : un trouble dans l’apprentissage des notions d’arithmétiques. Il n’y a pas de consensus unanime sur la nature de cette difficulté. Par exemple :

  • Difficulté à comprendre les concepts de base;
  • Difficulté à mémoriser les séquences, les tables… ;
  • Difficulté à effectuer des opérations mathématiques et la résolution de problèmes;
  • Autres difficultés associées et troubles concomitants possibles.

Indices à observer : lenteur d’exécution, ne peut effectuer des calculs mentaux, ne pas persévérer jusqu’au bout d’une procédure.

Manifestations : retard dans l’apprentissage de compter (1,2,3 et 10,20,30), confusion à voir la différence entre 40 et 400 ou à identifier plus petit, plus grand, erreur de calcul dans les  additions, difficulté à additionner les colonnes…

La dysphasie est : un trouble de la parole (langage) qui affecte l’expression et la compréhension du message. Par exemple :

  • Difficulté à trouver le bon mot pour désigner les choses;
  • Difficulté à structurer une phrase pour exprimer une pensée clairement;
  • L’enfant veut communiquer et exprime une frustration et une tristesse lorsqu’il n’est pas compris ou qu’il ne comprend pas ce qu’on lui demande;
  • Autres difficultés associées et troubles concomitants possibles.

Indices à observer : retard du langage observable dès deux ans, vocabulaire pauvre, l’enfant s’isole, il pointe du doigt plutôt que de demander oralement.

Manifestations : manque de mots dans la phrase, remplace des mots par d’autres, mais pas du même sens, mimique gestuelle…

La dyspraxie est : un trouble neurodéveloppemental de la coordination et de la motricité qui affecte la capacité à planifier, organiser et automatiser les gestes moteurs. Ce n’est pas un problème d’ordre musculaire. Par exemple :

  • Difficulté à suivre une série de mouvements pour produire un geste, une activité;
  • Difficulté à savoir quoi faire, comment faire et réussir certaines actions.

Indices à observer : maladresse motrice, lenteur d’exécution, n’arrive pas à s’habiller seul, manque d’intérêt et d’habileté en éducation physique.

Manifestations : difficultés à tenir et manipuler de petits objets (boutons, crayons, ciseaux), manque de fluidité dans les gestes, se cogne partout, renverse des objets, n’est pas choisi dans les équipes de sport…

Les « dys »: peuvent avoir un impact négatif sur l’estime de soi, nécessiter un soutien afin d’éviter de mener au découragement ou à la dépression. Ils peuvent affecter la vie quotidienne, à l’école, au travail, dans la famille, dans les loisirs et avec les amis.

Le dépistage, la prévention, l’identification, la rééducation et les adaptations contribuent aux apprentissages. Nous avons fait un choix de société que tous les coins de trottoirs soient accessibles aux fauteuils roulants et aux poussettes. Faisons de même et assurons-nous que toutes les personnes qui ont les capacités à apprendre puissent participer pleinement à la société en leur permettant… d’apprendre!

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