Les cas de moisissures dans les écoles reviennent périodiquement hanter les administrateurs scolaires. Un exemple récent : l’école primaire Saint-Gérard, dans le quartier Villeray, à Montréal, a été contrainte de fermer ses portes pour plusieurs mois en raison de problèmes importants de moisissure. Cela vient alors affecter la qualité de l’air. Facile de comprendre l’inquiétude des parents pour qui la santé et la sécurité de leur enfant sont essentielles.
La situation actuelle explique l’attention portée par l’émission Citoyens avertis, sur les ondes de RDI, à ce sujet. L’animateur Simon Durivage a posé de nombreuses questions à ses invités, Diane De Courcy, présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) et Gaston Rioux, président de la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ).
Quel plan?
Constatant le fait que la CSDM prend le taureau par les cornes, M. Rioux s’est néanmoins dit préoccupé par la situation. Il y a vu là une « raison de plus pour les parents de s’engager à l’école, de poser des questions : est-ce que, dans chaque école, et dans chaque commission scolaire, il existe un plan de maintien et de prévention des bâtiments? Est-ce que ce plan existe? Est-ce qu’il est mis en application et l’est-il correctement? Il faut poser des questions aux directions d’école. »
Avec un parc immobilier âgé de 150 ans, rien d’étonnant de voir la CSDM se retrouver avec un immense dossier à gérer. Bien entendu, des erreurs commises dans le passé ou encore des pratiques inadéquates reviennent hanter certaines écoles. Il fut un temps où, après un dégât d’eau, on se contentait de faire sécher et de repeindre les sections touchées. « On vit les conséquences d’une forme de négligence et d’ignorance », a admis la présidente De Courcy.
Aujourd’hui, il faut savoir réagir rapidement. Dès qu’il y a un symptôme, Gaston Rioux insiste en disant que « la commission scolaire et l’école doivent en prendre acte et agir rapidement. » Au fond, selon le président de la FCPQ, c’est un peu comme l’entretien d’une voiture. Si l’on néglige l’entretien de base, plus tard, des problèmes plus lourds et plus coûteux peuvent survenir. Il est préférable de se payer une visite chez le garagiste dès l’instant où l’on entend un bruit suspect. « On s’attend à la même chose de nos écoles, de nos directions d’école, pour sécuriser les parents », a déclaré M. Rioux.
C’est leur devoir!
Le président de la FCPQ a rappelé que la Loi sur l’instruction publique est claire à propos des responsabilités de la commission scolaire et la direction d’école. En effet, la LIP est limpide (extraits) :
96.22. Le directeur de l’école, après consultation du conseil d’établissement, fait part à la commission scolaire des besoins de l’école en biens et services, ainsi que des besoins d’amélioration, d’aménagement, de construction, de transformation ou de réfection des locaux ou immeubles mis à la disposition de l’école.
1997, c. 96, a. 13.
96.23. Le directeur de l’école gère les ressources matérielles de l’école en appliquant, le cas échéant, les normes et décisions de la commission scolaire; il en rend compte à la commission scolaire.
1997, c. 96, a. 13.
266. La commission scolaire a pour fonctions:
1° d’acquérir ou de prendre en location les biens requis pour l’exercice de ses activités et de celles de ses établissements d’enseignement, y compris accepter gratuitement des biens;
2° de construire, réparer ou entretenir ses biens;
« Ce que veulent les parents, c’est une école saine et sécuritaire pour que les enfants apprennent bien », a rappelé Gaston Rioux. Voilà pourquoi il a encouragé les parents à s’engager à l’école, pour poser des questions et s’assurer que chacun des acteurs respecte ses engagements.
Impacts des compressions sur la sécurité ?
Enfin, difficile pour lui d’éviter de parler d’argent et de l’impact que pourraient avoir de nouvelles compressions. « Si on veut vraiment prouver que l’éducation est une priorité, il faut se poser ces questions-là. Dans certaines commissions scolaires, il y a eu des compressions, avec des effets sur le service direct aux élèves. S’il y a d’autres compressions à venir, est-ce que ce n’est pas dangereux que cela conduise à négliger l’entretien des bâtisses? On veut que nos enfants soient dans un milieu sain. C’est non négociable », a-t-il martelé.
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