Projet de loi 40 - Où en sommes-nous?


Lettre ouverte de Kévin Roy, président de la Fédération des comités de parents du Québec

Lorsque mon fils ainé est entré en maternelle, j’ai présenté ma candidature pour siéger au conseil d’établissement de l’école et j’ai été élu pour la première fois parmi d’autres candidats enthousiastes par les quelques quarante parents présents. Avant d’arriver à la présidence de la Fédération des comités de parents, j’ai été élu à plus d’une vingtaine de reprises au sein d’instances de participation scolaire. C’est ce qui s’appelle la démocratie participative.

Il y a cinq ans, les débats portaient sur l’organisation et la gouvernance scolaires. Plus ça change…

Dès le dépôt du projet de loi 40 le 1er octobre, la FCPQ a lancé une consultation nationale. Lors des travaux de notre Conseil général le 2 novembre, j’ai été épaté par la volonté des parents bénévoles de travailler ensemble, d’entendre leurs collègues et de dégager des propositions pour arriver aux meilleures solutions possibles, malgré les divergences dans la salle. Je suis fier que le travail en collaboration soit une des principales valeurs de la FCPQ.

Depuis le dépôt de notre mémoire, j’ai continué à suivre avec intérêt les consultations particulières sur le projet de loi, puis les débats sur la place publique. Malgré le souque à la corde, certains points de convergence ont commencé à se dégager.

Tous veulent une représentation adéquate au sein de l’instance de gouvernance.

Les parents partagent cette inquiétude. C’est pourquoi la FCPQ exige que le projet de loi soit amendé pour conserver le lien entre le comité de parents et l’éventuel conseil d’administration. Il s’agit d’un amendement incontournable parce que le comité de parents, composé d’un parent par école de la commission scolaire, a une vue d’ensemble et une connaissance inégalées des réalités des milieux. Chaque école est entendue grâce à cette instance.

Tous veulent améliorer les façons de faire dans le réseau de l’éducation.

Ceux qui sont pour le projet de loi disent qu’il apportera des changements positifs. Ceux qui sont contre le projet de loi veulent appuyer sur pause pour apporter des changements positifs. Ceux qui, comme la FCPQ, exigent des amendements essentiels au projet de loi espèrent arriver à une solution optimale.

En cinq ans d’implication bénévole, j’ai participé à des projets et à des comités extraordinaires, mais on m’a aussi souvent interpelé concernant des pratiques qui n’ont pas leur place dans les instances scolaires décisionnelles : des rôles mal définis, des documents remis sur place, des informations partielles et contrôlées, des décisions prises en privé, etc.

Des changements doivent avoir lieu pour assainir les relations au sein des instances.

Tous veulent un réel travail de collaboration.

La FCPQ croit fermement qu’une formation commune et obligatoire pour les membres des conseils d’administration et des conseils d’établissement améliorera le fonctionnement et la collaboration dans les instances. Il s’agit d’une demande de longue date de la Fédération. C’est un prérequis pour atteindre une réelle collaboration.

Tous veulent prioriser la réussite scolaire.

Les parents engagés ont participé avec leurs partenaires du milieu de l’éducation à l’élaboration de la Politique de la Réussite éducative, lancée en juin 2017. La vision et les objectifs visés par la Politique ont fait consensus parmi les partenaires. Son implantation a commencé sous le dernier gouvernement et se poursuit sous le présent gouvernement. La FCPQ n’a pas oublié cette Politique rassembleuse et en fait le suivi. La vision pour prioriser la réussite scolaire existe, et ce, sur un horizon 2030.

J’ai entendu à plusieurs reprises que les parents ne sont pas disponibles pour siéger sur une instance de gouvernance. Pourtant, il y a déjà de trois à quatre commissaires parents, élus par le comité de parents, qui siègent au conseil des commissaires. Je suis moi-même membre de mon conseil d’établissement, de mon comité de parents, de mon conseil des commissaires, en plus de m’impliquer à la présidence de la FCPQ. Je ne suis pas une exception. Au fil de mon parcours, j’ai vu des mères monoparentales s’impliquer activement sur plusieurs instances, notamment au comité EHDAA. J’ai rencontré des conseillères municipales avec trois enfants, qui choisissent en plus de s’impliquer dans leur comité de parents. La moitié des délégués de notre conseil général ont des enfants avec des besoins particuliers, plus de 50% de nos délégués font de 10 à 25 heures de bénévolat par mois et 70% font du bénévolat autre que dans les instances scolaires en plus. Nous sommes 18 000 parents impliqués bénévolement sur des instances dans le milieu scolaire au Québec.

Bref, quand j’entends des partenaires dire que les parents ne sont pas disponibles pour siéger sur une instance de plus… je respire profondément et je me rappelle pourquoi les parents engagés s’impliquent. Que les mauvaises langues continuent de parler au nom des parents ou d’imposer leurs points de vue. Les parents, eux, continueront leur implication bénévole avec un seul objectif en tête : la réussite des enfants.


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