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Centre de presse

36e Congrès annuel Les parents au coeur de la réussite

 

 

Intimidation - L'affaire de tous

NOTRE CONCOURS:

 



 

Historique de la participation parentale


 

Vidéo documentaire "Tous pour eux"  - Célébrer 35 ans d'engagement parental!

La Fédération des comités de parents du Québec a fêté cette année ses 35 ans d'existence. Pour célébrer l'engagement parental, voici la vidéo documentaire réalisée par Guy Fradette. La vidéo, intitulée "Tous pour eux", a été diffusée lors du 35 congrès annuel de la FCPQ, le 3 juin 2011.

 

 

LA PARTICIPATION DES PARENTS AU PROJET ÉDUCATIF

par Jacques-Yvan Morin
Ministre de l’Éducation de 1976 à 1981

La Fédération des comités de parents du Québec célèbre cette année son 35e anniversaire. C’est l’occasion de mesurer les progrès accomplis pendant cette période et de s’interroger sur les tâches qui l’attendent à l’avenir.  J’ai quitté le ministère voici 30 ans, mais je n’ai pas oublié les premiers pas et activités de la Fédération, créée en juin 1975. La Révolution tranquille, qui avait vu naître le ministère de l’Éducation et développé le réseau des écoles primaires et secondaires, tentait depuis les lois de 1971-1972 d’organiser la participation des parents pour mieux intégrer les écoles et les commissions scolaires à leur milieu.

Il n’est pas sans intérêt de se rappeler les principales étapes qui ont vu s’élargir et s’approfondir l’engagement parental. Ça ne s’est pas fait en un jour et il a fallu que des générations de parents d’élèves décident de s’impliquer dans le système scolaire.

Déjà dans les années 50 étaient apparus les groupes famille-école : cela répondait aux revendications de certains parents clairvoyants. Mais il a fallu franchir beaucoup d’autres étapes pour assurer une participation plus effective et plus générale. En 1964, le rapport Parent vient encourager la présence des parents dans l’école, mais ce n’est qu’en 1971-1972 que les lois 27 et 71 organisent la participation parentale obligatoire dans les écoles et les commissions scolaires et diverses modalités de consultation des parents dans certaines commissions, voire des formes de coopération entre les intervenants. Il s’agissait de rapprocher les structures et le milieu en institutionnalisant la présence des parents dans chaque école et auprès de chaque commission scolaire. Et tout parent pouvait être élu commissaire.

C’est l’un des effets de la Révolution tranquille : après la réforme administrative et la création du ministère de l’Éducation, il fallait rapprocher la structure et le milieu. C’était une tâche de longue haleine, qui a heureusement amorcé la création de la Fédération en vue de coordonner l’action des comités de parents dans toutes les régions.


L’évaluation de 1975


En 1975, le ministère entreprend d’évaluer la participation parentale.  Son analyse révèle que la mise en œuvre des lois 27 et 71 (1971-1972) varie considérablement d’une école et d’une commission à l’autre. Certaines pratiques, comme les contacts personnels directs entre parents et éducateurs, sont répandues, de même que les activités d’appui à la vie scolaire, tandis que d’autres se heurtent à des réticences et à des difficultés, notamment la participation consultative officielle, qui autorise les comités d’écoles à faire des recommandations.

Apparaît aussi vers 1975 un besoin de coordination des activités des comités de parents et une exigence de formation à la participation. C’est ainsi qu’est née la Fédération. L’évolution du système scolaire depuis cette époque a vu croître le rôle de la Fédération; elle n’a cessé de prendre de l’importance. Je tiens à le souligner et à lui rendre hommage pour tout le travail accompli depuis lors dans ses activités de coordination, d’information, d’animation et de représentation.
 

Le Livre vert de 1977 et ses suites


Les grandes étapes de l’évolution de la présence des parents dans le système scolaire ont été le Livre vert de 1977 sur l’école québécoise, la grande consultation des régions, qui occupe l’année 1978, et le Livre blanc de 1979, lequel comportait un énoncé de politique et un plan d’action. Les lois sur l’instruction publique qui s’ensuivent, 30 et 71, généralisent la notion de projet éducatif dans toutes les écoles; elles confirment également la présence des parents au Conseil des commissaires.  Ces perspectives nouvelles rendaient encore plus nécessaires l’existence et les interventions de la Fédération.

Tout nouveau ministre – c’était mon cas en 1976 –, se rend compte rapidement que le bon fonctionnement des écoles primaires et secondaires exige l’insertion, l’imbrication de chaque école dans son milieu. Les relations famille-école-communauté sont cruciales à l’orientation efficace de l’école par rapport aux besoins particuliers de chaque milieu. C’est la raison pour laquelle l’une de mes décisions en arrivant à l’Éducation a été de doter la Fédération d’un bureau à Jonquière.

Certes, les enseignants et les personnels scolaires contribuent également à cette orientation et au projet éducatif, mais les meilleurs interprètes de chaque milieu, ce sont les parents d’élèves. Parmi ceux-ci, il y en a qui connaissent bien ses particularités et ses difficultés. Que leur milieu soit urbain ou rural, favorisé ou défavorisé, ils ont à cœur la réussite de leur enfant. Les plus conscients de l’importance de l’éducation pour l’avenir de leur progéniture vont heureusement vouloir assurer leur présence et leur influence dans l’école et dans la commission scolaire.
 

L’expérience des Comités de parents


En 1975, nous l’avons dit, le ministère constate que la participation des parents est très inégale selon les régions et les commissions et qu’il convient de réviser le système. Les parents le réclament de plus en plus fortement à la lumière de l’expérience. Ce sera l’objectif du Livre vert d’accentuer l’implication des parents dans le système scolaire et celui du Livre blanc de 1979 de permettre à chaque école de se donner un projet éducatif distinct.

Le Livre vert constate que les parents sont à l’œuvre de diverses façons.  Il s’agit souvent d’expériences qui montrent les possibilités de participation.  Certains comités développent des mécanismes de communication avec les parents; d’autres vont donner la main aux enseignants pour organiser des formes d’aide à l’activité éducative des élèves.  Il y a là des acquis à partager et à développer.

Au niveau des Commissions, certains s’efforcent de consulter les parents. Il y en a même qui tentent de les associer plus étroitement au processus de décision.  Les parents ne sont pas des concurrents des commissions scolaires, mais ils peuvent faire connaître aux commissaires les attentes du milieu.  Il s’agit de ce que l’on attend pour l’ensemble des élèves plus que pour tel enfant en particulier.

Le Livre vert de 1977 tentait donc d’organiser une meilleure participation.  On y constate que certaines conditions préalables sont requises; par exemple : un partage plus net des responsabilités entre la Commission et l’école, de même qu’entre les groupes participants. L’information donnée aux parents doit être suffisante et bien préparée. La participation doit tendre à instaurer un projet éducatif.
 

Le projet éducatif


Ce projet éducatif veut établir en collaboration les besoins et les priorités de l’école; il s’intéresse aussi à la pédagogie.  Cela exige des procédures et des moyens en vue de développer la confiance mutuelle. Cela suppose une certaine autonomie de l’école, une réflexion sur son milieu et la définition en commun des tâches de chaque partenaire : parents, enseignants, professionnels et direction.

La participation au projet éducatif doit tendre à lier l’école au milieu qu’elle habite, donc être sensible aux aspects sociaux du milieu.  Elle n’a pas à être le même dans toutes les écoles, commissions ou régions.  Les milieux de vie sont souvent très différents et le projet doit en tenir compte.  Les règles de fonctionnement doivent être souples, adaptées : les ponts entre l’école et les familles doivent s’adapter aux difficultés particulières rencontrées,notamment dans les milieux moins favorisés.

Les questions sont donc très variées qui forment un projet éducatif : principes de discipline, horaires, méthodes d’enseignement, classement des élèves,  transport scolaire, repas, réaménagement des locaux, activités parascolaires. Il s’agit non pas d’ôter du travail aux enseignants, mais de les aider par des actions adaptées au milieu.
 

La Loi 180 et les Conseils d’établissement


Depuis les Lois 30 et 71 de 1979, destinées à mettre en œuvre les conclusions de la tournée ministérielle de 1978, les activités de la Fédération se sont étendues et son influence auprès du ministère s’est accrue.  Au point qu’en 1998, la ministre, Mme Pauline Marois, a décidé de franchir une nouvelle étape.

En effet, la Loi 180 (modifiant la Loi de l’Instruction publique) a institué les Conseils d’établissement à l’école, les comités de parents agissant au niveau de la commission scolaire. Les parents participent au Conseil d’établissement avec des membres du personnel scolaire à des décisions qui touchent la qualité des services offerts par l’école; la présidence leur est  réservée et ils peuvent mettre en place des organismes de participation (OPP).  Les parents coopèrent à la réalisation et à l’évaluation périodique du projet éducatif de leur école.

La Loi 180 contient en outre un énoncé sur la mission de l’école et une définition du projet éducatif, qui tend à adapter le projet éducatif national aux réalités de chaque milieu de vie.
 

Rôle de la Fédération


L’assemblée annuelle des parents élit un représentant au Conseil d’établissement et, parmi eux, un représentant au comité de parents.  Dans toutes les activités auxquelles participent ces élus, le rôle de la Fédération est devenu de plus en plus important.  Les parents ont besoin d’être soutenus et la Fédération s’est dotée d’un programme de formation et d’information de ses membres.

Pour orchestrer ses interventions, la Fédération s’est dotée d’un « plan stratégique » 2005-2010 très ambitieux en vue de renforcer les liens entre elle et les Comités de parents et accroître l’influence des parents au sein des commissions scolaires.

De sorte que, depuis les années 50, la présence et l’influence des parents dans le système scolaire n’a fait que croître.  Ce n’est pas trop tôt, car les problèmes de l’enseignement primaire et secondaire évoluent sans cesse et concernent toute la société québécoise certes, mais au premier chef les parents d’élèves.
 

Nouveaux défis


L’école étant imbriquée dans la société, elle en reflète les problèmes, lesquels évoluent sans cesse.  La globalisation des communications,une certaine américanisation de la culture, (à quelques dizaines de kilomètres de la frontière des É-U) touchent la société québécoise et tout particulièrement sa jeunesse.  Apparaissent donc de nouveaux défis qui appellent à se mobiliser : les difficultés d’apprentissage du français parlé et écrit; le rétrécissement de la place faite à l’enseignement de l’histoire; les élèves en difficulté d’apprentissage; le phénomène du décrochage scolaire qui en résulte, sans compter la prise de conscience plus aiguë de problèmes tels que l’intégration des enfants handicapés; la violence et l’intimidation à l’école.

Sur toutes ces questions, les parents s’interrogent et veulent de plus en plus se faire entendre notamment au sujet d’un milieu scolaire sécuritaire pour les élèves; d’un soutien professionnel accru (orthopédagogues par exemple); de plus de ressources pour les enfants en difficulté d’apprentissage; bref, de la valorisation de l’école publique.
    
Cependant, il ne m’appartient pas de vous dire ce qu’il y a à faire; vous le savez bien mieux que moi, dont les arrière-petits-enfants vont bientôt arriver à l’âge scolaire. L’essentiel de mon message sera donc : continuez le travail accompli sur la lancée des 35 dernières années. Approfondissez vos activités de formation, d’animation et de participation. Tout cela est et sera déterminant pour l’avenir du peuple québécois : c’est l’une des conditions du maintien de notre identité en Amérique du Nord et dans le monde difficile dans lequel nous entrons.
 

Le 23 mai 2011