Les parents demandent un système fondé sur les besoins réels des élèves


 

Réforme des services aux élèves ayant des besoins particuliers

Québec, le 25 mars 2021 — La Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) remet en question le système d’organisation et de financement des services aux élèves ayant des besoins particuliers. Alors que le ministère de l’Éducation travaille sur des mesures d’assouplissement aux processus administratifs, la FCPQ dépose un avis amenant la réflexion encore plus loin.

« On ne peut pas examiner les processus administratifs sans questionner l’ensemble des mesures et services en place pour les élèves ayant des besoins particuliers. Si nous passons à côté de cette opportunité, ce serait comme rénover une maison bâtie sur des sables mouvants », croit Kévin Roy, président de la FCPQ.

Des résultats inégaux ou absents

Près de la moitié des parents dont les enfants ont un code de difficulté ou un plan d’intervention estiment que leurs jeunes ne reçoivent pas des services adéquats pour assurer leur réussite. De plus, 39% des parents constatent que les mesures prévues au plan d’intervention de leur enfant ne sont pas toutes mises en œuvre. Ces données sont tirées des résultats d’un sondage de la FCPQ auquel plus de 2 000 parents d’enfants ayant des besoins particuliers provenant de 70 centres de services scolaires et commissions scolaires ont répondu.

« L’objectif du code de difficulté et du plan d’intervention est de fournir à l’élève des services répondant à ses besoins spécifiques pour assurer sa réussite. C’est inacceptable que près d’un parent sur deux estime que ces mesures n’atteignent pas leur objectif! », constate Kévin Roy.

Parmi les répondants au sondage dont les enfants ont un code de difficulté reconnu par le ministère, 94% ont dit que le code a été attribué par un professionnel externe au milieu scolaire.

De plus, 85% des évaluations de besoins des enfants qui ont un code ont été réalisées à la demande des parents. Qu’en est-il des parents qui ne sont pas au courant de cette possibilité?

« Ce n’est pas normal. Je ne peux qu’imaginer le nombre de parents qui n’ont pas les moyens financiers, le temps ou l’information nécessaire pour aller chercher un diagnostic à l’extérieur du réseau public. Ces données montrent que le système manque d’équité », se désole Kévin Roy.

Les parents veulent être des acteurs informés et actifs

La grande majorité des parents qui ont participé au sondage, à la consultation des comités de parents et des comités EHDAA et au Forum virtuel organisé pour recueillir leur perception ont décrié le manque d’informations communiquées aux parents au sujet de leurs droits et de leurs ressources pour obtenir des services répondant aux besoins de leurs enfants.

De plus, entre 13% et 20% des parents dont les enfants bénéficient d’un plan d’intervention n’ont pas été appelés à collaborer à l’élaboration de ce plan, et ce, malgré l’exigence de la Loi à cet effet.

Par ailleurs, selon le sondage individuel de la FCPQ, les élèves doivent attendre en moyenne 15 mois avant d’obtenir un code de difficulté, à partir du moment de la demande d’évaluation des besoins. Après ces 15 mois, rien ne garantit que des services adaptés seront mis en place rapidement. Pendant ce temps, les parents doivent se battre pour que leurs enfants aient une chance de réussite, dans un parcours administratif du combattant.

« Les parents pensent souvent qu’ils sont seuls à vivre tant d’embûches pour que leurs enfants reçoivent des services éducatifs répondant à leurs besoins. Les résultats de nos consultations prouvent au contraire que la lourdeur administrative, le manque de résultats et le manque d’informations sont généralisés. On se sent isolé alors que des milliers d’autres familles vivent des difficultés similaires », explique Kévin Roy, président de la FCPQ.

Remise en question du système de codes

Lors de la récente consultation de la FCPQ, plus de la moitié des comités de parents et des comités EHDAA participants étaient d’avis que le système des codes de difficulté devrait être remplacé ou aboli. Les autres comités participants pensent que le système pourrait être amélioré ou mieux administré.

« Le financement et les services doivent répondre aux besoins réels des élèves. Le financement actuel est mal adapté et force le système scolaire à essayer de faire entrer des étoiles dans des formes carrés», illustre Kévin Roy.

La FCPQ propose d’instaurer un Plan de réussite individualisé pour TOUS les élèves, dont l’objectif serait d’identifier leurs forces, leurs défis et leurs besoins réels, en présence de l’élève et en collaboration avec les parents, et ce, dès l’entrée dans le milieu scolaire.

La Fédération salue le désir du gouvernement actuel de corriger des lacunes qui persistent depuis plusieurs années. Elle demande une remise en question du système au complet, plutôt qu’un allègement des processus administratifs existants. De plus, à l’aube du dépôt du budget du gouvernement du Québec, les parents s’attendent à des investissements majeurs dans les services éducatifs. Il le faut, dans l’intérêt de tous les élèves.

Pour plus de détails sur les résultats des consultations et sur les recommandations de la FCPQ, consultez l’avis déposé au ministère de l’Éducation.

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