L’engagement, c’est aussi une affaire de famille !


Par Joëlle Duval et Catherine Dumoulin, Professeures à l’Université du Québec à Chicoutimi
De prime abord, on pourrait penser que l’engagement des élèves adolescents dans leurs apprentissages émane de leur décision personnelle d’agir. On pourrait également être d’avis que le maintien ou l’augmentation de cet engagement dépendent de ce que l’école a à leur offrir pour qu’ils décident de s’y engager. Certes, pour que les jeunes puissent faire preuve d’engagement, leur volonté de s’engager et le contexte scolaire dans lequel ils évoluent constituent des déterminants importants, mais ce ne sont pas les seuls. La famille a un grand rôle à jouer dans le développement de l’engagement, surtout lors de la transition primaire-secondaire. Les parents et les autres membres de la famille peuvent influencer positivement l’engagement des jeunes en les encourageant, en discutant avec eux de ce qu’ils vivent au quotidien ou en leur enseignant à fournir des efforts pour réussir.
Mais qu’entend-on par engagement ?
L’engagement est largement reconnu comme étant la clé de la réussite scolaire puisqu’un élève engagé obtient généralement de bons résultats à l’école. Pour y arriver, il importe que l’élève s’engage autant sur les plans affectif, cognitif que comportemental (Duval, 2017 ; Fredricks et al., 2004).
D’abord, les jeunes ressentant des émotions et des sentiments positifs quant à l’école et à leurs apprentissages sont affectivement engagés. Ainsi, plus ils accordent de la valeur aux activités intellectuelles, sportives ou culturelles qui leur sont proposées ou plus ils en perçoivent l’utilité ou la pertinence, plus ils sont engagés. Pour favoriser leur engagement affectif, vous, les parents, pouvez
- vous intéresser à ce qu’ils vivent à l’école et à l’extérieur de celle-ci ;
- développer une complicité pour apprendre à bien les connaitre afin de savoir ce dont ils ont besoin pour rester engagés.
Ensuite, les jeunes sont engagés sur le plan cognitif lorsqu’ils s’investissent dans leurs apprentissages. C’est le cas lorsqu’ils font preuve d’attention, qu’ils utilisent des stratégies d’apprentissage pour réaliser une tâche ou qu’ils fournissent les efforts nécessaires pour l’accomplir. Pour les soutenir, vous pouvez
- leur communiquer des attentes claires afin qu’ils sachent exactement ce que vous attendez d’eux. Par exemple, vous pouvez leur faire savoir que vous vous attendez à ce qu’ils fournissent le maximum d’efforts pour réussir ou à ce qu’ils se dépassent sur le plan cognitif ou à ce qu’ils fassent de leur mieux ;
- leur rappeler qu’étant en période d’apprentissage, il est important qu’ils posent des questions en classe ou de ne pas être gênés de demander de l’aide.
Enfin, les comportements des jeunes ainsi que leur participation à des activités scolaires et parascolaires permettent de connaitre l’intensité de leur engagement comportemental. Ainsi, leur respect des règles et des consignes, le fait qu’ils posent des questions ou qu’ils s’impliquent dans des activités intellectuelles, sportives ou culturelles mettent en évidence leur engagement comportemental. Comme parents, vous pouvez donc
- leur rappeler de ne pas perdre leur temps en classe ;
- leur imposer un temps d’études et superviser leur agenda pour qu’ils sentent que leur réussite vous importe.
Bien que distinctes, ces trois dimensions de l’engagement sont très étroitement liées. En effet, un plus grand engagement affectif et cognitif chez un jeune entraine des changements positifs dans son engagement comportemental. Dès lors, plus un jeune percevra la pertinence de l’activité qui lui est proposée, plus il fournira des efforts pour la réaliser, plus il posera des questions ou demandera de l’aide s’il rencontre des difficultés au cours de son déroulement. Il est donc très important que la famille soutienne l’engagement affectif et cognitif des jeunes lors de la transition primaire-secondaire pour qu’ils s’engagent pleinement sur le plan comportemental et qu’ils réussissent ce qu’ils entreprennent. C’est pourquoi encourager les jeunes à faire preuve d’engagement, c’est aussi une affaire de famille !
Références
Duval, J. (2017). L’implication parentale pour favoriser l’engagement lors de la transition primaire-secondaire : perceptions de parents et de leur adolescent à risque de décrochage scolaire (Thèse de doctorat inédite). Université de Montréal, QC. http://hdl.handle.net/1866/21214
Fredricks, J., Blumenfeld, P., & Paris, A. (2004). School engagement: Potential of the concept, state of the evidence. Review of Educational Research, 74, 59-109. https://doi.org/10.3102/00346543074001059


